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Les anciens poinçons de l'argent
Poinçons de l’argent

Les anciens poinçons de l’argent

4 min de lecture

On retrouve deux types de poinçons sur un bijou : 

  • un qui représente la proportion d’argent pur : le poinçon de titre (ou poinçon de garantie)
  • un qui identifie l’artisan ou l’importateur : le poinçon de maître (ou poinçon d'orfèvrerie)

Ce système de poinçonnage apparaît en 1797 et les poinçons officiels des titres reconnus sont introduits en 1838.

Cependant l’apparition des poinçons en France remonte à plus de 700 ans. On compte sur cette période des milliers de poinçons différents. Retrouver un ancien poinçon pour estimer la valeur de son bijou n’est pas évident.

La solution la plus simple pour faire estimer un objet est de prendre rendez-vous en agence afin de faire expertiser gratuitement vos ouvrages en argent et or.

On recense avant 1797 d’autres systèmes de poinçonnage.

Nous les détaillons dans cet article afin de vous permettre de dater vos objets en argent.

Les poinçons du XIIIème au XIVème siècles

Au milieu du XIIIème siècle, le prévôt de Paris rédige un « livre des métiers ». Celui-ci impose aux artisans qui traitent les métaux précieux de suivre une série de règles permettant de garantir la composition des ouvrages en argent.

Ce premier système permet de réglementer la pratique des métaux précieux au moyen d’une série de code à appliquer.

Cela s’apparente aux dispositifs anti-fraudes qu’on retrouve aujourd’hui sur les pièces et billets de banque.

Très rapidement, les orfèvres devront également signer leurs ouvrages d’un poinçon de maître, afin d’en assurer la traçabilité.

En 1355, le poinçon de maître est formalisé par Jean II Le Bon : il doit comporter une fleur de lys et le symbole personnel de l'orfèvre.

La fleur de lys (symbolisant la monarchie) ne sera surmontée d'une couronne qu'en 1378 sous Charles V.

Les poinçons du XIVème au XVIIIème siècle

En 1375 est introduit un poinçon indiquant une bonne qualité de l’argent, le lieu de production et l’année : le poinçon de jurande. 

Il s’agit généralement du symbole de la ville (par exemple l’hermine pour Rennes) mais peut parfois être :

  • une abréviation : « TOL » pour Toulouse
  • une initiale : « V » pour Versailles

Il est toujours surmonté d’une couronne et change tous les ans pour pouvoir être daté.

Sous le règne de Louis XIV, on note également la présence de poinçons de « charge » et de « décharge ».

 Il s’agit des poinçons relatifs à l'impôt :

  • le poinçon de charge est marqué pour signifier que l’orfèvre doit payer un impôt sur le métal utilisé,
  • le poinçon de décharge est marqué une fois l'impôt payé par l’orfèvre.

Le poinçon de charge peut prendre plusieurs formes :

  • Pour les gros ouvrages :
    • une lettre ou un chiffre,
    • resté identique dans chaque généralité de 1672 à 1784.
  • Pour les petits ouvrages : un symbole propre à chaque généralité (un oiseau, une tour, une fleur, etc)

Notez que sous l’Ancien Régime, une généralité représente une division administrative du royaume. Chacune est dirigée par un intendant, qui représente le roi. La France en comptait 31 au total comme celle de Paris, de Bordeaux, Lyon,…

Le poinçon de décharge représentait une figure, propre à chaque généralité (une étoile, un visage, etc) afin de savoir dans quelle région un ouvrage avait été taxé.

Le poinçon de jurande ainsi que les deux poinçons relatifs à l'impôt sont abolis lors de la révolution française (1792).

Les poinçons du XVIIIème siècle à aujourd’hui

À la toute fin du XVIIIème, apparaît le système de poinçonnage tel qu’on le connaît aujourd’hui :

Les ouvrages constitués de métaux précieux doivent être marqués : 

  • d’un poinçon représentant la pureté d’un objet : le poinçon de titre (ou de garantie)
  • d’un poinçon identifiant l’orfèvre ou l’importateur : le poinçon de maître (ou d’orfèvrerie)

En 1838, des poinçons sont désignés pour les titres légaux (désignant la pureté, exprimé en base 1000) de 800 et 950 millièmes.

Il en existait deux pour chaque titre (un pour Paris et un pour les provinces), ainsi qu’une version simplifiée du poinçon pour les petits objets.

C’est en 1838 qu'apparaît entres autres le poinçon tête de Minerve, qui est encore aujourd’hui le poinçon le plus populaire pour les objets en argent.Poinçon minerve de 1838

Les anciens poinçons de garantie depuis 1838

Les anciens poinçons désignant la pureté qu’on retrouve encore aujourd’hui :

  • Le poinçon crabe, de l’argent 800 millièmes, marqué sur les ouvrages produits hors de Paris. Ancien poinçon français de l'argent 800 millièmes
  • Le poinçon tête de sanglier de l’argent 800 millièmes, marqué pour les ouvrages de Paris.

Ces poinçons sont marqués jusqu’en 1984, où ils sont remplacés par la tête de Minerve seule ou avec un petit « 2 ». Nouveau poinçon de l'argent à 800 millièmes

Pour le premier titre de l’argent de 950 millièmes, le seul poinçon recensé est la tête de minerve avec un petit « 1 ».

Poinçon minerve de l'argent 950 millièmes

En 1973, le premier titre légal de l'argent est abaissé de 950 à 925 millièmes.

Cette modification s'aligne sur le titre « sterling »: le standard international adopté par les autres pays européens, qui facilite donc les échanges commerciaux.

Pour marquer ce changement, une lettre-date, changeant tous les dix ans, est ajoutée au poinçon tête de Minerve. Elle permet de distinguer les ouvrages produits avant et après cette réforme.

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