Le poinçon est un sigle qu’on appose sur les bijoux et objets d’argenterie afin d’assurer la pureté et la traçabilité de l’or, de l’argent ou du platine.
On retrouve deux poinçons sur un objet en argent :
- Le poinçon de titre (ou de garantie) : il atteste de la teneur en argent massif.
- Le poinçon de responsabilité (ou de maître): il identifie l’artisan (ou l’importateur).
Différentes puretés de l’argent (qu'on appelle les titres) sont reconnues en France :
- 999 millièmes : appelé argent fin à 99.9%.
- 925 millièmes : appelé argent sterling, composé de 92.5% d’argent fin.
- 800 millièmes : le plus bas titre de l’argent, composé de 80.0% d’argent fin.
Il existe également des titres de 830 et 835 millièmes, plus rares car issus de pays étrangers, mais bien reconnus en France.
Les poinçons de l’argent par millièmes
On retrouve différents poinçons pour chaque titre de l’argent, en fonction de la période de production ou du pays.
Notez qu’en dessous de 800 millièmes, les objets ne doivent pas être obligatoirement poinçonnés mais peuvent l’être, au moyen d’un poinçon ET pour « Exempté de Titre ».
Il existe également une série de poinçon propre à l’argenterie en métal argenté (placage en argent) « 84 » « 90 », que nous détaillons plus bas.
Poinçon de l’argent 999 millièmes
Les poinçons de l’argent 999 qu’on retrouve le plus :
Le poinçon amphore.
Il s’agit du poinçon français.
Le poinçon tête d’aigle, regardant vers la gauche, avec l’inscription « 999 » au-dessous, entouré d’un cercle ou d’un octogone.
Il s’agit du poinçon du Portugal pour les gros titres de l’argent.
Poinçon de l’argent 925 millièmes
Les poinçons de l’argent 925 les plus populaires :
La tête de Minerve avec un petit « 1 ».
Il s’agit du poinçon officiel français.
La lettre en bas à droite n’est présente que depuis 1973. Elle représente la décennie de production :
- A : de 1973 à 1982
- B : de 1983 à 1992
- …
Le poinçon tête d’aigle, identique au poinçon de l’argent 999 (avec l’inscription « 925 » à la place de « 999 »).
Notons que le contour (en obus ou octogonal) varie en fonction du laboratoire qui effectue le test de l'argent.
Poinçon de l’argent 800 millièmes
On retrouve plusieurs poinçons français pour l’argent 800 millièmes :
- le crabe,
- la tête de sanglier
Ils sont apparus en 1838 et remplacés en 1984 par la tête de Minerve seule ou avec un « 2 ».
On peut également voir une tête d’aigle tournée à droite avec l’inscription « 800 » au-dessous, entouré d’un cercle ou d’un octogone.
Il s’agit du poinçon de garantie du Portugal pour les petits titres de l’argent.
On le retrouve également pour les titres officiels du Portugal de 835 et 830 millièmes.
Les poinçons de l’argent étrangers
Il existe également d’autres poinçons plus rares en France mais bien reconnus par l’État.
Le poinçon de l’argent d’Espagne
Le poinçon espagnol est composé :
- du titre,
- de deux lettres désignant le testeur de l’argent,
dans une forme rectangulaire.
Le poinçon de l’argent d’Italie
Un bijou italien est marqué de trois poinçons :
- Un poinçon indiquant le titre, dans un rond.
- Un poinçon d’identification de l’artisan. Il comprend :
- une étoile,
- un numéro identifiant le fabricant ou l’importateur,
- le sigle de la province du fabricant ou de l’importateur.
- Un poinçon d’identification du testeur. Il est composé du sigle de la province sous la tête de l’Italie.
Le poinçon d’argent de la Suisse
Un bijou en provenance de Suisse doit être marqué du poinçon de garantie tête de saint-bernard (le chien emblématique suisse) en plus du poinçon de garantie suisse.
Pour l’argent, on retrouve deux poinçons de garantie :
- le canard, pour l’argent à 925 millièmes
- le coq de bruyère, pour l’argent à 800 millièmes
Les poinçons chiffrés « 925 » « 800 »
Certains poinçons sont simplement marqués des chiffres « 999 », « 925 » ou « 800 », désignant le titre de l’ouvrage.
Il s’agit la plupart du temps d’ouvrages achetés à l’étrangers qui n’ont pas pu bénéficier des exigences françaises en matière de contrôle de qualité des bijoux.
Ces objets ont donc le plus de chance d’être des faux.
Pour racheter ces objets au cours actuel de l'argent, un professionnel devra faire un test qu’on appelle « essai au touchau » afin de vérifier la pureté. Le principe est le suivant :
- On frotte le bijou sur une pierre poreuse afin d’y laisser un dépôt appelé la touche.
- On mouille cette touche avec de l’acide (une solution acide différente par titre de l’argent qu’on pense avoir)
- On observe :
- si la touche s’efface, le bijou est en métal argenté,
- si la trace persiste, la couleur de la solution acide permet de connaître la pureté du bijou.
Si le test pour mesurer la teneur en argent est effectué par un bureau de garantie, l’objet pourra alors être marqué du poinçon cygne.
Il s’agit du poinçon officiel français, pour les ouvrages d’origine étrangère ou incertaine.
Les poinçons de l’argenterie
On distingue deux types de poinçons pour l’argenterie, dépendant de la nature de l’objet.
Poinçon de l’argenterie en argent massif
L’argenterie en argent massif signifie que l’objet est entièrement constitué d’argent.
Ces objets sont poinçonnés comme les bijoux et objets « classiques ». C’est-à-dire d’un poinçon de titre et d'un poinçon de maître.
Poinçon de l’argenterie en métal argenté
L’argenterie en métal argenté signifie que l’objet est composé d’un métal moins onéreux et recouvert d’une fine couche d’argent (autour des 0.01 millimètres).
On retrouve les poinçons :
- “84”, la norme française.
- “90”, la norme en Allemagne, Hollande, Danemark et Autriche.
- “100”.
Ces poinçons représentent le grammage : l'épaisseur du placage en argent sur un service de 12 couverts (12 cuillères et fourchettes) ou d’un seul gros objet d’argenterie (comme un plat ou une carafe).
Plus le chiffre est élevé, plus le placage est épais.
Pour le poinçon 84 on retrouve 84 grammes d’argent pour 24 couverts, soit 3.5g d’argent par couvert.
Objets sans poinçon de garantie
Un ouvrage en argent peut être dépourvu de poinçons dans plusieurs cas :
- son poids est inférieur à 30 grammes,
- il est antérieur à 1838,
- il est trop fragile pour être poinçonné sans risque de détérioration.
Un objet dépourvu de poinçon de garantie doit quand même être à un titre légal.
La présence du poinçon de maître est, quant à elle, systématique.
Quand sont apparus les poinçons de l’argent en France
L’histoire des poinçons en France commence il y a 700 ans.
Sur cette période, on recense plusieurs milliers de poinçons différents.
Voyons brièvement les différents types de poinçon qui sont apparus au cours du temps.
Apparition des premiers poinçons en France
Le premier système de poinçonnage date de 1260, lorsque le prévôt de Paris Étienne Boileau publie un livre des métiers.
Celui-ci impose aux artisans qui traitent les métaux précieux de suivre une série de règles visant à assurer une bonne composition des objets en argent.
Plus de 50 ans après apparaît le poinçon de maître, semblable à celui qu’on retrouve encore aujourd’hui : une signature propre à l’artisan sur les objets qu’il façonne.
Ce poinçon est formalisé en 1355 : il doit désormais comporter une fleur de lys couronnée en plus du sigle de l’artisan.
Les poinçons de Jurande
Entre le XV et XVI siècle se généralise le marquage des poinçons de jurande.
Ce poinçon :
- certifie que l'alliage en argent respecte le titre légal imposé par la corporation locale,
- indique une date et un lieu de production.
Il est toujours surmonté d’une couronne et représente généralement le symbole de la ville où il a été produit.
Parfois il s’agit simplement d’une abréviation, voire d’une initiale du nom de la ville (par exemple « TOL » pour Toulouse, « V » pour Versailles).
Les poinçons de charge et de décharge
Sous le règne de Louis XIV apparaît un nouveau système de poinçonnage, composé de deux poinçons :
- le poinçon de charge : il signifie que l’artisan doit payer l’impôt sur l’argent utilisé
- le poinçon de décharge : il signifie que l’artisan a payé l'impôt sur l’argent
Le poinçon de charge représente généralement une lettre ou un signe arbitraire (une tour, un visage féminin,…) ornée d’une fleur de lys.
Le poinçon de décharge représente également un signe arbitraire.
On compte alors lors de cette période un total de quatre poinçons sur les objets en or et argent.
Ces deux poinçons ainsi que le poinçon de jurande sont marqués jusqu’à la révolution française, où ils sont supprimés.
Le système de poinçonnage actuel
Le système de poinçonnage moderne apparaît à la fin du XVIIIe siècle.
Les ouvrages sont marqués d’un poinçon désignant la pureté de l’alliage : le poinçon de titre (ou de garantie).
De même que d’un poinçon de maître, toujours obligatoire.
En 1838 des titres légaux sont définis à 950 et 800 millièmes.
En 1973, le premier titre passe de 950 à 925, pour correspondre à la norme popularisée par l’Angleterre avec l’argent sterling.