Le poinçon est un sigle qu’on appose sur les bijoux et objets afin d’assurer la pureté et la traçabilité de l’or, de l’argent ou du platine.
On retrouve deux poinçons sur les bijoux en or :
- Le poinçon de garantie (ou poinçon de titre) : il indique le nombre de carats.
- Le poinçon de maître (ou d’orfèvre, de responsabilité) : il identifie l’artisan ou l’importateur.
Tous les ouvrages en or doivent être marqués d’un poinçon de maître.
Le contour de ce poinçon varie en fonction du type d’alliage :
- Contour losange : pour les objets entièrement constitués d’or (qu’on appelle « or massif »).
- Contour carré : pour les objets en plaqué or (fine couche recouvrant un objet) ou en métal non précieux.
Les poinçons de l’or par carats
Les poinçons de garantie sont uniquement marqués sur les ouvrages en or massif (et non sur le plaqué or).
On distingue, pour chaque titre de l'or, une série de poinçons reconnus par l’État.
Ces poinçons sont marqués par un bureau de garantie (représentant l’État) ou par un artisan accrédité, voyons les en détails.
Poinçons de l’or 24 carats
Le poinçon de l’or 24 carats (999 millièmes) français est le poinçon hippocampe. ![]()
On observe également un poinçon tête de cerf, avec le titre chiffré au-dessous. Il s’agit du poinçon portugais de l’or 24 carats. 
Ces deux poinçons sont très rares, car l’or 24 carats est trop malléable, il est très peu utilisé en bijouterie.
Poinçons de l’or 22 carats
Les poinçons de l’or 22 carats sont :
- Le poinçon tête d’aigle, avec un « 1 », dans un octogone.

- Le poinçon coq, avec un « 1 », dans un octogone.

Le poinçon coq est l’ancien poinçon français de l’or 22 carats, il est remplacé en 1838 par le poinçon tête d’aigle.
On retrouve également le poinçon tête de cerf du Portugal.
Hormis le titre qui change, ce poinçon est identique au poinçon de l’or 24 carats portugais. 
Poinçons de l’or 18 carats
On distingue deux poinçons tête d’aigle pour l’or 18 carats.
- Le poinçon tête d’aigle, avec un « 3 », dans un hexagone.

- Le poinçon tête d'aigle seul.

Également le poinçon coq , avec un « 3 ». Il s’agit de l’ancien poinçon de l’or 18 carats, remplacé en 1838 par la tête d’aigle. 
La différence entre les deux poinçons tête d’aigle vient de la méthode de mesure de la pureté de l’or.
Le poinçon tête d’aigle est un poinçon « de petite garantie ». Cela signifie que le bijou a été testé par un essai au touchau.
En opposition à la « grosse garantie », pour les poinçons tête d’aigle accompagnés d’un chiffre.
Ils sont marqués sur les ouvrages testés via un essai à la coupelle (la façon la plus précise pour mesurer la pureté).
Retrouvez toutes les façons de mesurer la pureté de l’or.
Il existe aussi un poinçon hirondelle avec le titre 750 au-dessous qu'on retrouve sur les bijoux marqués au Portugal. 
Poinçons de l’or 14 carats
Le poinçon français de l’or 14 carats est la coquille Saint-Jacques. 
On retrouve parfois un poinçon tête de cygne, accompagné d’un « 4 » à sa gauche, entouré par un hexagone.
Il s’agit d’un poinçon de République tchèque ou de Slovaquie.
Ainsi que le poinçon hirondelle avec la mention 585 (du Portugal). Notons que le contour de ce poinçon peut prendre la forme d'un obus ou octogone, en fonction du laboratoire qui marque le bijou. 
Poinçons de l’or 9 carats
Le poinçon trèfle à trois feuilles est le poinçon de garantie français de l’or 9 carats. 
On enregistre également le poinçon hirondelle accompagné de la mention 375 du Portugal. 
Notons que 375 millièmes est le plus bas titre de l’or.
En dessous, les bijoux ne doivent plus être marqués d’un poinçon de titre, mais peuvent quand même l’être, au moyen du poinçon E.T. (qui signifie Exemptés de Titre). 
Les poinçons chiffrés de l’or : 916, 750,…
Certains poinçons sont simplement marqués des chiffres « 999 » pour l'or 24 carats, « 916 » pour l'or 22 carats, « 750 » ou d'autres valeur désignant le titre du bijou. 
Il s’agit la plupart du temps d'ouvrages achetés à l’étrangers qui n’ont pas pu bénéficier des exigences françaises en matière de contrôle de qualité des bijoux.
Pour les racheter au cours actuel de l’or , un professionnel devra faire un test qu’on appelle « essai au touchau » afin de vérifier la pureté.
Le principe est le suivant :
- On frotte le bijou sur une pierre poreuse afin d’y laisser un dépôt, appelé la touche.
- On mouille cette touche avec de l’acide (une solution acide différente pour chaque titre de l’or qu’on pense avoir)
- On observe :
- si la touche s’efface, le bijou est en plaqué or,
- si la trace persiste, la couleur de la solution acide permet de connaître la pureté du bijou.
Si l’essai pour mesurer la pureté est effectué par un bureau de garantie de l'État, le bijou sera alors marqué du poinçon hibou. 
Il s’agit d’un poinçon officiel, il signifie simplement que le bijou est d’origine étrangère ou incertaine.
Les poinçons de l’or étrangers
Certains poinçons, bien plus rares sur les bijoux en France, sont également reconnus par l'État.
Voyons à quoi ils s'apparentent, leurs variantes existantes et règles de marquages.
Le poinçon de l’or italien
Un bijou en or en provenance d’Italie est marqué de trois poinçons :
- Un poinçon indiquant le titre, dans un losange (ou parfois un rectangle avec les côtés bombés).

- Un poinçon d’identification de l’artisan. Il comprend :
- une étoile,
- un numéro identifiant le fabricant ou l’importateur,
- le sigle de la province du fabricant ou de l’importateur.
- Un poinçon d’identification du laboratoire ayant contrôlé l’ouvrage. Il représente l’Italie turrita : une figure féminine couronnée de tours, inscrite dans un cercle. Sous laquelle est inscrit le sigle de la province du laboratoire.

Le poinçon de l’or d’Espagne
Le poinçon de l’or espagnol est composé :
- du titre,
- de deux lettres désignant le testeur de l’or,
- dans une forme ovale.

Les poinçons de l’or de Suisse
Un bijou en provenance de Suisse est systématiquement marqué du poinçon tête de saint-bernard. 
Mais également d’un poinçon représentant le titre du bijou :
- Poinçon de l’or 18 carats (750 millièmes) : Helvetia.

- Poinçon de l’or 14 carats (585 millièmes) : Écureuil.

- Poinçon de l’or 9 carats (375 millièmes) : Morgenstern.

Les poinçons du plaqué or
Un bijou en plaqué or doit obligatoirement être marqué du poinçon de maître dans un losange, afin d’identifier l’artisan ou l’importateur du bijou.
Il n’y a pas de poinçons de garantie obligatoire, ni autres poinçons permettant d’identifier la pureté du placage.
Notons quand même la présence de poinçons de marques historique, désignant un placage de qualité :
- Oria,
- Fix,
Qui représentent les poinçons de maître des marques éponymes.
Notez que l’épaisseur du placage en or est de minimum 3 microns (0.003 millimètres).
La valeur d’un bijou en plaqué or est donc nettement inférieure à celle d’un bijou en or massif.
L’histoire des poinçons de l’or
On compte plusieurs milliers de poinçons différents s’étalant sur 700 ans d’histoire.
Apparition des premiers poinçons en France
L’histoire des poinçons en France débute en 1260.
Cette année-là, le prévôt de Paris publie un « livre des métiers » qui impose aux artisans traitant les métaux précieux de suivre une série de règles, qui permettent d’encadrer la production pour assurer la composition des objets en argent.
En 1313, cette obligation s’étend à l’or, à cette époque bien moins important que l’argent d’un point de vue économique.
Très peu de temps après, apparaît le poinçon de maître : il est demandé aux artisans de signer leurs objets d’or et d’argent.
En 1355, le poinçon de maître est formalisé par Jean II Le Bon. Il doit désormais comporter une fleur de lys (symbole de la monarchie), en supplément du signe personnel de l’orfèvre.
En 1378 la fleur de lys est désormais surmontée d’une couronne.
Les poinçons de la monarchie
Ce système reste un peu moins de 200 ans avant d’être complété par le poinçon de jurande.
Celui-ci indique :
- une bonne qualité de l’or,
- le lieu et l’année de production.
Ce poinçon est surmonté d’une couronne, et représente généralement le symbole de la ville de production (par exemple l’hermine pour Rennes).
Il peut aussi s’agir plus simplement d’une abréviation ou d’un initiale du nom de la ville (par exemple « TOL » pour Toulouse, « V » pour Versailles).
Une variante du poinçon est réalisée chaque année pour permettre d’être daté.
Sous le règne de Louis XIV arrive deux nouveaux poinçons :
- le poinçon de charge : il signifie que l’artisan doit payer un impôt sur le métal utilisé
- le poinçon de décharge : il signifie que l’artisan a payé l'impôt sur le métal
Le poinçon de charge représente soit :
- une lettre ornée d’une fleur de lys,
- un signe arbitraire.
Celà varie en fonction de qui était responsable de l’apposition du poinçon.
Le poinçon de décharge représentait également un signe arbitraire.
Le poinçon de jurande, de charge et de décharge sont supprimés lors de l’abolition des privilèges, pendant la révolution française.
L’apparition du système de poinçonnage moderne
Le système de poinçonnage moderne apparaît à la fin du XVIIIe siècle.
Les ouvrages en or doivent être marqués d’un poinçon représentant la pureté : le poinçon de titre (ou de garantie). De même que d’un poinçon de maître, obligatoire depuis le XIVe siècle.
En 1838 des titres légaux sont définis, désignant la pureté en millième. Chaque titre correspond à un nombre de carats (14, 18, 22…).
C’est cette année qu'apparaît, entre autres, le poinçon tête d’aigle.
Bijou en or sans poinçon de garantie
Un bijou en or peut être dépourvu de poinçons dans plusieurs cas :
- le poids du bijou est inférieur à 3 grammes,
- le bijou est antérieur à 1838,
- le bijou est trop fragile pour être poinçonné sans risque de détérioration.
Un ouvrage sans poinçon doit quand même être à un titre légal de l’or même s’il ne comporte pas de poinçon de titre.
La présence du poinçon de maître est, quant à elle, systématique.
Retrouvez ici toutes les façons de mesurer la pureté d’un bijou.
Et toutes les obligations concernant le marquage de bijoux en or.